Accueil
ACTUALITÉS
2NDE RENCONTRE EUROPEENNE - 2014
HUNGRY FOR RIGHTS
CALIFORNIE 2013
AG ORDINAIRE 2013
RENCONTRE EUROPEENNE - MILAN 2012
LE RESEAU
1 ESSAIMAGE
2 PAYSANS
3 COMMUNAUTES
Part. IFOAM/Urgenci
Intégration sociale
Autres secteurs
Consommation responsable
METHODOLOGIE M3PC
IVe COLLOQUE 2010
ARCHIVES
LIENS
Forum
 
Inscription à la
newsletter
Email:
Security Image
 
Recherche:   
 
Less Fuel, More Food
Campagne de sensibilisation et de mobilisation

«Mangeons tous à notre faim tout en préservant notre planète»
ou
«moins de carburants pour plus de nourriture saine pour tous»

(en abrégé: « carburants -, nourriture + »« fuel-, food+ » en anglais)

 
1   L'idée
 
a) La crise alimentaire mondiale : un drame humain a grande échelle en voie de se réaliser.

En trois ans les prix mondiaux de nombreux produits agricoles de base ont presque doublé, ce qui a dramatiquement réduit l'accès des populations aux denrées alimentaires. Ainsi presque un milliard de personnes, soit 1/6ème de l’humanité souffre de la faim, un chiffre encore en hausse de 40 millions en 2008 comme l’annonce la FAO (rapport 2008 OCDE/FAO sur La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture ", p.vii). Or, comme le reconnaît ce même rapport, le principal facteur responsable de cette flambée des prix est "l'utilisation des produits agricoles pour la production de biocarburants », lesquels mobilisent une bonne part des terres qui étaient auparavant cultivées pour l’alimentation , sans parler de la pression foncière pour réduire chaque fois plus les zones forestières indispensables à notre survie, comme cela se passe en Amazonie.

Cette situation ne peut que s’aggraver à l’avenir, notamment dans les pays du Sud qui ont vu leur agriculture détruite par l’invasion des surplus agricoles subventionnés venus des pays du nord et par des modèles agricoles intensifs inadaptés qui ont fragilisé les sols et participé à l’extension de la désertification. Comment, par exemple, un continent comme l’Afrique qui verra sa population doubler d’ici 2050 pourra-t-il subvenir à ses besoins si aujourd’hui déjà il n’a plus les moyens d’assurer sa sécurité alimentaire ?

Un drame humain à grande échelle est en donc voie de se réaliser si nous ne réagissons pas rapidement.



b) Un appel à se mobiliser pour éviter ce drame

Cet appel consiste à faire le lien entre deux urgences :

  1. Première urgence : celle de mettre au fin à la production d’agrocarburants à grande échelle en en réduisant la demande. Chaque fois que nous utilisons des carburants la demande et les prix sur les marchés augmentent et, outre l’extraction du pétrole et le réchauffement climatique qui en découle, on se trouve maintenant confronté au dilemme d’augmenter la faim dans le monde chaque fois que l’on met de l’essence dans sa voiture ! En outre l’agriculture intensive est fortement consommatrice, directement ou indirectement de carburants et les transports des produits agricoles vers les zones de consommation impliquent là aussi une consommation accrue de carburants (en moyenne chaque produit alimentaire voyage sur 1500 km avant d’arriver dans l’assiette du consommateur !
  2. Deuxième urgence : celle de donner les moyens aux pays du Sud de reconquérir leur souveraineté alimentaire par la remise sur pied d’une agriculture nourricière de proximité et respectueuse de l’environnement, notamment autour des villes où se trouvent actuellement concentrée plus de la moitié de la population mondiale. Des solutions simples existent pour ceci qui demandent peu d’investissement, notamment en développant des partenariats locaux et solidaires entre paysans et consommateurs, comme les AMAP en France, les CSA dans les pays anglophones, les Teikei au Japon, etc..
Pour répondre à la deuxième urgence, le réseau international URGENCI, qui regroupe les partenariats locaux et solidaires entre producteurs et consommateurs de tous les pays du monde où ils existent, a présenté cette année à la FAO un programme d’essaimage à grande échelle de ces partenariats dans les pays où ils n’existent pas encore afin de répondre à la crise alimentaire. Ce programme d’essaimage consiste à développer des jumelages entre AMAP en France ou autre pays où elles existent et AMAP en constitution dans le sud. Des financements ont pu être trouvés pour démarrer ces essaimages dans les pays de l’Est mais pas encore dans les pays du sud où pourtant la situation est autrement plus dramatique.

Face aux difficultés à obtenir des appuis publics pour un tel programme, URGENCI lance un appel à tout citoyen qui le souhaite d’essayer de réduire sa consommation de carburants et de reverser les économies ainsi réalisées à un fonds de solidarité pour le développement des AMAP dans les pays du Sud et, plus généralement, pour développer une agriculture nourricière pour tous, de proximité et non consommatrice d'énergie fossile.
 
 

Urgenci
> 3 COMMUNAUTES > Consommation responsable > Less Fuel, More Food  
2   Le projet de la campagne
 
a) à qui s'adresse la campagne et comment y adhérer ?

La campagne s'adresse aux citoyens, aux entreprises, aux pouvoirs publics et, plus généralement, à toute personne (physique ou morale) qui se sent concernée par le problème de l'alimentation et de la faim dans le monde et de la sauvegarde de notre planète et qui souhaite agir à son propre niveau  et en liaison avec les autres pour pouvoir, ensemble, mieux parvenir à éradiquer ce problème.

Tous sont invités à devenir adhérents à la campagne. L'adhésion à la campagne consiste simplement à se déclarer comme tel (ce qui permet de recevoir toutes les informations liées à la campagne) et à se donner des objectifs personnels par rapport aux actions qui sont proposées (ces objectifs pouvant être communiqués ou non, que ce soit au moment de l'adhésion ou plus tard). L'adhésion se fait en envoyant un email à l'équipe de la campagne.

b) Ce qui est proposé aux adhérents de la campagne.

Il est proposé aux adhérents de la campagne deux types actions, chacun pouvant choisir l'un ou l'autre ou les deux selon ses possibilités et ses choix personnels :
  • Modifier sa consommation pour la rendre plus soutenable et plus responsable.   
Toute personne (physique ou morale) volontaire souhaitant participer au programme est invitée à se pencher sur sa consommation actuelle, tous domaines confondus (alimentation, transports, énergies, etc.), et a réfléchir à la façon dont elle pourrait la rendre moins consommatrice de carburants (pétrole, charbon, gaz naturel) et, plus généralement, plus soutenable et responsable par rapport à notre planète.
L'une des premières actions qui lui sont proposées est de mesurer sa consommation de carburants sur un mois (soit en notant les dépenses en carburants soit en notant le kilométrage de sa voiture). Chacun peut à partir de là établir un programme de réduction de sa consommation de carburants par diverses mesures, par exemple : chaque fois que cela est possible se déplacer en vélo plutôt qu’en voiture, prendre les transports en communs, faire du covoiturage, déménager en un lieu plus proche de son travail, aller moins loin en vacances, etc.
Pour les autres domaines de la consommation la démarche est la même : on propose à la personne de calculer ou de prendre conscience de sa consommation actuelle puis de l'améliorer. Divers outils, dont le consomètre, un outil de mesure créé par URGENCI et des ateliers de formation, sont mis à la disposition de tout un chacun pour mesurer concrètement l'impact de sa consommation et la transformer pour avoir un impact moins négatif.
  • Faire un don pour alimenter un fond de solidarité.
Les personnes peuvent aussi, soit grâce aux économies financières qu'elles réaliseront en modifiant leur consommation, soit de manière détachée du premier volet de la campagne, faire un don d'argent qui servira à alimenter un fond de solidarité qui servira à développer une agriculture nourricière de proximité dans les pays du sud (où se concentrent la majorité des populations qui ne mangent pas à leur faim). Il servira notamment:
  • à développer le concept AMAP dans les pays où elles n'existent pas encore sur la base de  jumelages entre les AMAP/CSA dans les pays où elles existent et les AMAP  en création dans les pays nouveaux, comme cela se fait déjà avec les pays de l’Est Européen et que l’on pourrait ainsi étendre aux pays du sud;
  • à aider les agriculteurs concernés à valoriser/développer des techniques de production respectueuse de l'environnement, assurant la qualité et peu consommatrices d'énergies fossiles (agroécologie, écologie): des liens avec les réseaux travaillant déjà sur ces questions (Terres et humanisme, etc.) seront créés.
Afin que chacun puisse suivre ces actions et faciliter les dynamiques collectives locales et interlocales, les fonds collectés seront organisés par zones géographiques et affectés à l’établissement de jumelages avec les AMAP de chaque zone concernée. Par ailleurs on cherchera à développer des effets leviers avec le autorités publiques, par exemple en proposant de faire le lien avec les coopérations décentralisées déjà en place et d’obtenir ainsi un renforcement des financements.
 
3   AMAP des Vosges (Strasbourg)
 
L'AMAP des Vosges, à Strasbourg, est déjà impliquée dans la campagne. Une trentaine d'amapiens sont intéressés et ont commencé par faire leur bilan carbone (sur calculateurcarbone.org/). Par ailleurs une coopération dans le but d'essaimer le principe des AMAP a été enclenchée avec l'Institut Régional de Coopération-Développement Alsace (IRCOD), une association ayant pour vocation de promouvoir une culture de coopération en Alsace et de soutenir des actions de coopération décentralisée dans les pays du Sud.

Nous avons établis un premier contact avec l'IRCOD par un entretien avec M. Denis Schultz, directeur de l'Institut Régional de Coopération-Développement Alsace, au cours duquel nous lui avons exposé la campagne. Il nous a alors directement dirigé sur une mission que mène l'IRCOD dans la ville de Jacmel en Haïti.
Il s'agit d'un partenariat lancé en 2007 entre l'IRCOD, La Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg et la Commune de Jacmel, dont l'objectif est de renforcer les capacités municipales de Jacmel.
La convention de coopération énonce cinq axes de travail :
  • la propreté de la ville,
  • les marchés,
  • la fiscalité locale,
  • l'administration générale
  • la gouvernance locale.
Notre projet pourrait s'inscrire dans le travail sur les marchés car l'un des problèmes actuels de la ville est qu'a Jacmel il est très difficile de se procurer des fruits et des légumes frais, les produits des environ de Jacmel allant d'abord plutôt dans d'autres villes, comme Port-au-Prince. Un diagnostic complet n'as pas encore été fait, cependant le lancement d'AMAP pourrait de toute façon remettre en place des circuits courts pour l'approvisionnement alimentaire des habitants de Jacmel.

Nous sommes donc rapidement rentrés en contact avec le chef de projet ayant en charge cette mission, M. Franck Signoret, qui est devenu notre interlocuteur principal.
Nous avons eu une réunion le 6 avril au cours de laquelle nous avons exposé la campagne à M. Signoret, puis nous avons convenu le départ de M. Daniel Vuillon avec la prochaine mission de L'IRCOD en Haïti, qui s'est déroulée du 20 avril au 2 mai pour les membres de l'IRCOD et à partir du 27 avril pour M. Vuillon. Ce dernier sera chargé d'établir un diagnostic sur la situation agricole des environs de Jacmel et sur les questions d'approvisionnement alimentaires de cette ville afin de voir dans quelles conditions il serait possible de lancer une ou des AMAP localement pour répondre aux besoins des paysans et de la population.

Pour le lancement de notre premier projet en lien avec la campagne cette action est adéquate car il s'agit de s'appuyer sur des coopérations de long terme, comme c'est le cas ici, et où les acteurs et la situation sur place sont déjà connus par leurs vis-à-vis en France, ce qui permet une action plus efficace et plus ciblée. De plus la coopération se fait précisément entre deux villes, Strasbourg et Jacmel, et c'est ce que nous recherchons pour la campagne : des coopérations dans lesquelles les AMAP Françaises peuvent localement s'impliquer plus particulièrement grâce à un lien déjà existant avec un pays particulier. L'AMAP des Vosges est en passe de devenir le partenaire particulier de cette coopération, et l'envoi de M. Vuillon et non de André Roesch, le paysans de l'AMAP des Vosges et d'un amapien est tout simplement dû au cours délais que nous avons eu entre l'annonce des dates de mission en Haïti et leur arrivée, ce qui combiné au besoin pour cette mission d'une personne capable d'établir rapidement un diagnostic de terrain nous a amené à proposer M. Vuillon pour ce voyage. Cependant il est prévu que cela soit ensuite le producteur de cette AMAP et un consommateur, ou une consommatrice, qui prenne le relais.