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Nouvelles du Japon 4
La situation générale au Japon trois mois après le Grand Tremblement de Terre de l'Est du Japon, par Hiroko Amemiya.
 
1   Le contexte général
 
La situation au Japon reste très confuse. 3 mois et demi après la catastrophe la situation reste plus que précaire. Le bilan en ce début juin est de 14 704 décès, 10 969 disparus et 126 372 réfugiés.

Dans l’ensemble des départements les plus touchés ceux de la région du Tohoku (départements de Akita, Aomori, Fukushima, Iwate, Miyagi, Yamagata).Les trois départements les plus touchés en décès disparus et réfugiés sont Iwate, 41 058 réfugiés, Miyagi 38 373, Fukushima 26 053. 23 600 hectares de terres cultivées ont été endommagées par le tsunami et les fermes environnantes détruites ou endommagées, les équipements disparus ou inutilisables pour l’essentiel. On ne sait où mettre les délais qui forment des masses gigantesques.  Dans les zones côtières les poissons morts dégagent une odeur pestilentielle.

Des habitats nouveaux sont tirés à la loterie en certains endroits mais sans que l’on ait de données précises, seule une infime minorité connait des conditions de vie permettant de parler de réinstallation. Un millier, quelques milliers peut être sur les 126 372 ont trouvé dans quelques endroits du Japon un secours, une aide, parfois avec le soutien d’une collectivité locale. La solidarité interindividuelle est forte, de nombreuses ONG sont sur le terrain pour apporter des aides d’urgence permettant de supporter la précarité. Les municipalités locales s’efforcent d’aider, des centres organisent le travail des volontaires.
 
2   La catastrophe nucléaire de Fukushima
 
Toutefois le stress psychologique des personnes touchées est très fort : abandonner ou pas la région, la ville, le village natal, quitter un endroit précaire où avec d’autres réfugiés on se serre les coudes et où on a recréé une certain sens de communauté pour aller dans un endroit inconnu ? Ces questions vous pouvez l’imaginer ne sont pas faciles en particulier pour des agriculteurs. Les suicides sont nombreux ; le 11 juin un fermier de Soma (département de Fuushima) à 45 km de la centrale s’est donné la mort en laissant un message « j’aurais souhaité qu’il n’y ait pas de centrale nucléaire. J’ai perdu la force de continuer à travailler ». Il avait du abattre son bétail dont il devait jeter le lait.

La situation des centrales nucléaires n’est pas encore en situation « froide », et l’on dévoile seulement maintenant quelques caractéristiques précises de l’accident.

Les fuites radioactives se poursuivent, les autorités étudient « les points chauds » qui vont bien au-delà des cercles de 20km et même 30km, et commencent à doter un nombre important de personnes de dosimètres. A Fukushima 30 000 enfants vont être dotés de cet appareil qui mesure la dose accumulée (nous avons rencontré ce 25 mars un professeur de collège dont les élèves ne sont pas encore équipés mais l’annonce a bien été faite). A Tokyo même les autorités commencent à prendre des mesures plus systématiques en différents endroits pour mesurer. Si on mesure plus l’air ambiant ici et là les analyses des sols restent rares.

La plupart des municipalités refusent de redémarrer les réacteurs qui étaient arrêtés soit suite au séisme du 11 mars soit parce qu’ils étaient en révision : actuellement ne fonctionnent que 17 réacteurs sur les 54 que compte le pays. Le département de Fukushima mais aussi par exemple celui de Fukui où il y a le plus de réacteurs sont parmi les récalcitrants. Le gouvernement demande cependant de les remettre en marche tout en préparant une nouvelle politique énergétique et une loi obligeant les compagnies électriques à racheter l’électricité produite par les particuliers ou les entreprises privées (votre électricité solaire, éolien ou hydraulique non consommée par exemple).

Pour le moment il n’y a pas de coupure d’électricité bien que la petite mousson chaude et humide d’été ait fait son apparition et que même à faible ampleur climatiseur et ventilateur sont en maints endroits en opération, en particulier dans les trains et les métros.

Dans le Tohoku la terre continue à trembler. Par exemple jeudi 23 juin un tremblement de terre de magnitude 6,7 a touché les départements de Aomori et Iwate. La crainte ou au moins l’inquiétude est bien réelle au fond de la plupart des cœurs des Japonais.


 
 

Urgenci
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3   Le mouvement anti-nucléaire gagne du terrain
 
Le CRIIRAD a fait une mission au Japon dont une réunion pour expliquer le maniement des radiamètres, la salle prévue pour 50 à 80 personnes a été envahie par 150 et une autre réunion a été organisée où 400 personnes sont venues un radiamètre à la main ; le nombre des personnes équipées devient très important.

Le 11 juin au cours de la grande manifestation mondiale contre le nucléaire, il y a eu des milliers de rassemblement au Japon dont trois importants à Tokyo ( Shinjuku, Yoyogi et parc de Shiba- j’étais à celle là il y avait des personnes de toutes les générations beaucoup en étaient à leur première manifestation) avec plusieurs milliers de personnes, l’un a été filmé par Jean Paul Jaud. D’innombrables petites organisations se mobilisent sans pouvoir entreprendre des actions spectaculaires mais des milliers de réunions se tiennent un peu partout dans le pays. Partout on ne parle que de cela, dans les premières pages des journaux depuis 3 mois et demi et partout des réunions d’étude et de discussion.
 
4   Les conséquences humaines du tsunami
 
Victimes
Au 11 juin selon l’agence de la police nationale il y a eu 15 413 morts et 8 069 disparus. Soit environ 23 000 victimes, ne sont pas publiés le nombre d’orphelins, de veuves et de veufs. Une nouvelle loi permet la déclaration de décès après 3 mois de disparition, la mise en application a commencé dans certaines villes.

Réfugiés, évacués

90 109 personnes vivent encore dans des refuges à la date du 10 juin 2011. D’après le ministère du territoire des infrastructures du transport et du tourisme 28 280 unités d’habitats temporaires ont été mises à disposition au 10 juin dans les départements d’Iwate, Miyagi, Fukushima, Ibaraki, Chiba, Tochigi et Nagano. Cependant 40% d’entre eux, soit 12 028 unités sont inoccupés. Cela est du en partie à des localisations défavorables ou à d’autres inconvénients. [pas de loyer mais l’électricité, le gaz et l’eau est à la charge de l’occupant.

D’après le Japan Times citant les autorités locales 14 000 survivants ont reçus des soins psychiatriques, le Ministère de la Santé, du Travail et du Bien être ayant envoyé 54 équipes composées de psychiatres, travailleurs sociaux et infirmières, sur place, à Iwate, Miyagi et Fukushima.

Aides
Dons reçus par la Croix Rouge japonaise et 3 autres organisations : 251,5 milliards de Yens soit au taux de 0,0086 un montant de 2millliards 162 millions d’euros. Desquels, le tiers environ soit 708 millions d’euros ont été transmis à Tokyo, à Hokkaido et à 13 départements touchés par le désastre.  Mais seulement  318 millions d’euros ont bénéficié aux survivants.

D’après le bureau de coordination des bénévoles du Secrétariat du cabinet du premier ministre, 387 900 personnes ont participé à des actions de bénévolat dans les départements de Miyagi, Iwate et Fukushima à la date du 5 juin. Les volontaires sont employés principalement à du déblaiement.

D’après Japan Times 12 juin, les dons venant de l’étranger au contraire de ceux qu’elle reçoit directement, ne sont pas distribués en monnaie par la Croix Rouge japonaise mais servent à acheter six biens électroménager : machines à laver, machine air condionné/chauffage, TV, cocotte à riz, four électrique, bouilloire pour thé ou café.

Déblaiements

Les débris : d’après le ministère de l’environnement 23,92 millions de tonnes de débris dans les trois départements les plus touchés (Miyagi, Iwate et Fukushima). A la date du 10 juin seuls 5,19 millions de tonnes ont été déplacés dans des espaces temporaires de stockage. (A Ishinomaki, la plus touchée, seul 7% des débris ont été déblayés).

Volonté ou espoir de retour ?
Une enquête du journal Yomiuri auprès de 500 personnes évacués en raison du tremblement de terre, du tsunami et de la contamination radioactive montre les résultats suivants.

53% des évacués d’Iwate (sur 150) et 41% Miyagi (sur 150) contre 65% en moyenne dans l’enquête du mois précédent espèrent retourner dans leur ville d’origine. 71% des évacués de Fukushima (sur 200) pensent retourner dans leur ville d’origine. Le premier groupe a en général tout perdu objectivement (seuls 9% d’Iwate et 3% de Miyagi, ont un domicile intact) dans le deuxième groupe, pour la majorité (52%), leur maison ou leur appartement dont ils sont éventuellement propriétaires et leurs biens restent intacts. A la question pensez vous que votre ville va renaître 38% répondent oui contre 53% il y a un mois.