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Essaimage au Maroc
Après la mise en place du premier Swani Tiqa (expression arabe signifiant "jardins de confiance") de Rabat en juin 2008 (passage d’un système de commandes au système de paniers identiques pour tous avec cependant une production encore mise en commun), pour renforcer cette nouvelle initiative et lui permettre d'être durable, cette mission s'inscrivait dans le suivi, l'accompagnement et l'évaluation de la première expérience du concept.

Dates des missions:

  • 24 février au 1er mars 2009
  • mai 2009 pour la mission retour, à l'occasion de la Fête du Soleil, organisée à Aubagne
 
1   Rappel de la première intervention
 
Daniel et Denise Vuillon sont intervenus une première fois en 2008 (du 7 au 10 juin), au Maroc, en réponse à la demande des responsables de la commission environnement de l'Association Sala Al Moustaqbal, Touriya Atarhouch et Catherine Filippone afin de les aider à mettre en place les « jardins agro écologiques de Shoul (Salé) » près de Rabat ; l’association ayant pris en charge leur voyage et séjour.

L'objectif initial étant de soutenir des paysans désireux de s’installer en PLSPC, dénommés SWANI TIQA au Maroc, en s’inspirant du modèle des AMAP, avec les contraintes locales requérant un appui en formations et en équipements. Ces PLSPC pouvant contribuer au maintien de la petite agriculture à proximité de Rabat et Salé pour un approvisionnement des consommateurs des environs ; ces cultures maraîchères agro écologiques contribuant ainsi à la préservation de l’environnement, de la biodiversité, comme de la santé.

Dans le compte rendu, les termes de SWANI TIQA, expression locale pour traduire le concept AMAP, seront utilisés. Le terme de swanien sera utilisé pour amapien.

Programme de cette 1ère mission

Réunion de sensibilisation au concept AMAP organisée par les responsables initiateurs du projet et ceci en présence de nombreux consommateurs et les producteurs déjà impliqués dans le projet des jardins.

Bonne impression sur la probabilité de l'engagement citoyen. Ce point était un souci pour les porteurs du projet qui, pour tester et s’adapter à la situation du contexte local (avant l’installation en SWANI TIQA), avait mis en place un système de commandes hebdomadaires de produits maraîchers auprès des producteurs des 3 jardins, système lourd cependant au niveau de la gestion dont nous verrons les limites.
Au cours de cette réunion, une représentante de l’association Terre et Humanisme Maroc a présenté les formations en agro écologie organisées au profit des producteurs du projet ainsi que leurs activités larges pour diffuser l’agro écologie au Maroc.

Visite des 3 principaux jardins
Contact avec les producteurs sur leur terrain.
Redouane, Mustapha, Hassan et Hocein pour un état des lieux.
Visite d’un 4e jardin à vocation pédagogique et expérimentale mis en place par Najib et Touriya (ingénieure agronome).
Ce jardin est ponctuellement une base pour assurer l'encadrement des jeunes producteurs qui débutent leur expérience et un terrain d’expérimentation de nouvelles variétés.

Formation spécifique au maraîchage en AMAP
Présence de tous les producteurs et des consommateurs à l'origine du projet, Catherine, Touriya, Chérifa et Annie. Présence également de deux personnes de Terre et Humanisme Maroc, Aïcha Krombi et Lucile Zugmeyer.
Le programme : ratios économiques, méthode de calcul du prix du panier en AMAP.
Programmation des productions et dates de semis.
Quantité de plants et semis par famille, rotation des cultures, gestion de l'espace agricole.

Le partenariat en AMAP
Thèmes abordés : fonctionnement des distributions, organisation des groupes, contrat d'engagement etc.
Les jeunes producteurs quant à eux doivent concentrer leurs efforts pour s’acheminer vers un apprentissage professionnel de cette expérience qui comportent l’intégration d’un grand nombre de connaissances et données. Pour pallier le manque de professionnalisme, les productions ont été mises en commun et réparties ensuite pour servir les distributions de paniers. Ce qui représente pour les consommateurs responsables, Annie et Catherine, une gestion lourde liée à la répartition des encaissements en fonction des apports de chaque producteur.

L'objectif initial peut être atteint
La motivation est grande chez les porteurs du projet, comme chez les consommateurs et producteurs, ce qui donne une bonne perspective de mise en place du concept. Leurs efforts d'adaptation du projet au contexte local finiront par porter leurs fruits.
 
2   Deuxième Mission
 
Deuxième mission des Vuillon à Shoul (Salé) du 24 février au 1er mars 2009 au sein d'Urgenci

Visite d'une distribution


La distribution se tient sous le préau de l’école Khalil Jabran à Rabat, où 51 paniers sont distribués entre 17h 30 et 18h 30.

Les responsables bénévoles du SWANI TIQA s'occupent de la feuille d'émargement. Les paniers sont préparés par les producteurs et leurs aides, la constitution des paniers par les familles d’abonnés ayant à diverses reprises provoqué quelques problèmes. Le concept n’est pas forcément toujours assimilé par tous dès le départ (il ne s’agit pas de choisir ce que l’on souhaite mettre dans son panier, mais de récupérer sa part de récolte et donc d'accepter les produits tels qu’ils sont présentés).

Les légumes sont disposés sur des tables et dans les paniers. Ce jour-là, la composition du panier est affichée sur un tableau comme suit :
1 kg de fèves, 2 bottes de carottes, 2 bottes de navets, 1 botte de radis rond, 1 botte de betteraves, 1 botte de fenouil bulbe, 1 botte de poireaux, 1 chou pommé, 4 salades : iceberg, trévise, laitue, scarole, 1 botte de blette, 1 kg de courge, 1 botte de feuilles de chêne, 1 botte de chou palmier, 1 botte de moutarde chinoise, 1 botte d'asperge, 1 botte de cèleri, 1 botte de persil, 1 botte de coriandre, du romarin.
En plus des légumes, les abonnés peuvent aussi avoir poulets, œufs, olives noires, huile d'olive, beurre, petit lait, pain. Les producteurs préparent les parts de récoltes dans des caisses plastiques que les swaniens vident ensuite dans leurs cabas. Les caisses seront à nouveau remplies au fur et à mesure.

L'ambiance est conviviale, la population mixte : marocains et européens.

Remarques sur cette distribution : paniers très copieusement garnis, bonne qualité des produits proposés, les swaniens en ont pour leur argent !
− On mesure la complication de la rémunération des producteurs dans la mesure où la production est issue de 3 jardins différents avec des parts de produits très inégales suivant les jardins. Cela pose bien sûr la question de la rentabilité de chacun de ces jardins dans la mesure où le prix du panier est fixe sur la saison. Chaque producteur remet un bon de livraison qui sera valorisé en fonction du prix du marché, plus 20%.
  • Les swaniens renouvellent leurs contrats toutes les 5 semaines. Certains avec beaucoup de retard !
  • Les produits autres que les légumes sont en vente directe. Cela permet de valoriser des produits de qualité (huile et olives), d'apporter un complément de revenu aux jardiniers en particulier aux femmes. La référence du prix est le marché et l'intégralité du produit de la vente est donnée aux producteurs.
  • Le solde positif entre les recettes des légumes remises aux producteurs et le montant payé par les swaniens permet de régler quelques petits prestataires de services : informatique, adhésion à des associations comme Kokopelli, fournitures de bureau, frais bancaires...
  • Certains swaniens oubliant leurs cabas, partent avec les caisses plastiques et ne les ramènent pas toujours. Au moment du rush, le nombre de caisses plastiques est insuffisant et c'est un peu la bousculade pour remplir dans les plus brefs délais les caisses au fur et à mesure qu'elles se vident.
  • Beaucoup de swaniens posent des questions sur les légumes qu'ils ne connaissent pas : herbes chinoises, chou palmier ou salade chicorée mais en même temps ils ont la bonne solution : « on les jette dans le couscous! »
  • Des excédents en fin de distribution : navet rond (beaucoup), laitue, plusieurs bottes de verdure et des choux verts. Comment les distribuer et surtout les rémunérer ?
  • Les légumes devraient être disposés sur les tables dans le même ordre que sur le tableau pour faciliter les distributions et éviter les erreurs.
La distribution se termine à 19h.
 
3   Visite des jardins de Mustapha et Redouane
 
Remarque : les 3 jardins fournissant les paniers sont ceux de Mustapha, Redouane et Najib. Cependant d’autres jardins ont été visités (soit en tant que jardin potentiel soit en tant qu’expérience originale).

Visite du jardin de Mustapha Belharcha

Exploitation familiale de 15 ha comportant 3 activités :
− grande culture : blé tendre, blé dur, luzerne, maïs, fève, oignon, pomme de terre, pois
− jardin : 1,5 ha dont 500 m2 d'abri
− élevage : 16 bovins à viande, 20 moutons, volailles, 1 cheval et un âne
Équipements : un tracteur de 80 cv avec le matériel pour les grandes cultures : cover crop, chisel, canadienne. La ressource en eau pour le jardin est assurée par un puits. Sur le jardin, 2 salariés permanents.

Les difficultés rencontrées par Mustapha :
  • Après un bon départ en SWANI TIQA l'année précédente, il s'est trouvé devant la difficulté de la maîtrise du calendrier de production pour l'hiver et le savoir-faire de chacune des productions d'hiver.
  • Cela pose la question des compétences de ses salariés.
  • Son sol contenant beaucoup d'argile est difficile à travailler en saison humide. Il faut impérativement travailler sur planches en hiver.
  • Le prévisionnel théorique fait sur tableau est super mais il a de grandes difficultés pour le mettre en application avec ses problématiques de terrain. Mais il constitue quand même une bonne base.
  • Économiquement, il a eu beaucoup de production au départ puis un été très sec et un hiver très pluvieux. Le fait de s'être mis à trois pour remplir le panier dont un quart pour ce qui le concerne ne lui permet pas de trouver une rentabilité suffisante pour avoir plus de recettes que de dépenses.
  • Son souhait : demande de formation sur les rotations et le savoir-faire. Sur le plan économique, d'avoir son propre groupe pour bénéficier de la valeur totale du panier.
Visite du jardin de Redouane El Khallouki.


Exploitation familiale de 2 ha avec comme cultures principales maïs, courge, courgette, menthe pour le marché et 8000 m2 de jardin pour le Swani Tiqa. Traction animale et très bonnes ressources en eau caractérisent ce jardin. Ahmed, le frère de Redouane, est permanent au jardin ; il est aidé de son neveu.

Redouane s'occupe de la gestion et des distributions du Swani Tiqa. Bonne maîtrise de la biodiversité et des surfaces cultivées par espèce. Des problèmes de maîtrise de l'herbe sur les semis directs à la volée et de mildiou sur fèves en tout début de production. Redouane fait une évaluation positive du concept Amap, il souhaite améliorer ses compétences, essayer de mieux maîtriser les productions d'hiver qui l'inquiètent le plus et ensuite, avoir aussi son groupe de consommateurs.
 
 

Urgenci
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4   Visite des jardins de Najib, Zineb et Mustapha
 

Visite du jardin de Najib Bendahman, 2 sites
  • Le jardin de Najib
Remarque : ce jardin a été gracieusement mis à disposition par son frère Lotfi. Surface totale : 4,5 ha dont 1,5 ha de jardin irrigué, 1,5 ha de céréales au sec (quinoa et sarrasin à titre expérimental). 2 salariés permanents au jardin essentiellement en plein champ. Équipements : acquisition d'un tracteur Mitsubishi de 26 cv sans outil, 2 pompes à moteur thermique assurent les besoins en eau, tout le jardin est équipé en goutte à goutte.
Cultures sur planches entièrement montées à la main.

Grande diversité des productions avec un essai concluant de culture d'asperges. Problèmes sur cultures rencontrés lors de la visite : pucerons et oïdium sur concombre, mildiou sur fèves et petits pois. Excellente maîtrise de l'enherbement.

  • Le jardin de la maison de Najib et Touriya
Surface totale : 1ha. Ne peut être qu'un jardin d'hiver, aucune ressource en eau l’été. Culture en planches, très grande diversité, très bien entretenu. Jardin modèle pour un fonctionnement en Swani Tiqa. Ce jardin permet de fournir, au niveau des paniers, quelques produits supplémentaires en complément à ce qui provient principalement du jardin de Najib (nommé jardin de « Lotfi »). Il peut servir de base également pour les formations et les expériences de variétés nouvelles. Un grand tunnel permet des productions précoces particulièrement en tomates. Un salarié permanent et l'aide ponctuelle de la femme de ménage sont présents sur ce jardin. Najib a fait un essai prometteur en fraises dont des fraises des bois qui, avec les asperges, annoncent des paniers de printemps qui vont faire des heureux!

  • Autres jardins visités
Le verger de Zineb Benrhamoune.
Botaniste écologiste et enseignante à l’école forestière des ingénieurs de Salé, Zineb a installé un verger expérimental en arboriculture fruitière diversifiée sur flanc de colline : oliviers, amandiers, pêchers, abricotiers, agrumes... Avec pour principe d'irrigation une retenue des eaux de ruissellement par des circuits d'arrosants qui suivent les courbes de niveaux et qui alimentent les arbres par une réserve circulaire autour de chaque arbre où se concentre aussi la fertilisation issue d'un compostage.

Elle commercialise les fruits de ce verger auprès de ses amis. Cette initiative est intéressante par sa localisation : sur flanc de colline en forte pente (lutte contre l'érosion), par sa biodiversité (grande diversité d'espèces prouvant qu'il est possible dans cette région d'installer une production fruitière), par la possibilité de produire des fruits sur les bases de l'agro-écologie sans intrants chimiques.

Visite du jardin de Mustapha chez Monsieur Afaya (jardin potentiel pour un Swani Tiqa). Cultures maraîchères intercalaires dans un verger d'oliviers, de coings et d'agrumes dans un site ayant de bonnes ressources en eau. Cet agriculteur est intéressé par le concept Amap dont il souhaiterait être un apporteur. Ses cultures intercalaires sont encore possibles parce que les arbres sont jeunes et petits, mais plus problématiques dans le futur à cause de leur ombre sur les légumes !

Il devra être bien accompagné par les agriculteurs déjà en Swani Tiqa, s'il devait confirmer sa candidature.
 
5   Réunion Producteurs-consommateurs
 
  • Calcul du nombre de plants/par espèce/par famille de consommateurs/pour chaque jardin.
L'état des lieux des jardins visités et les échanges avec les différents acteurs rencontrés, permet d'engager le Swani Tiqa dans l'objectif d'autonomie de chacun des 3 jardins. En effet, l'urgence reste la rentabilité de chacun de ces jardins et après un an de fonctionnement ensemble, chaque agriculteur a pu faire une mesure précise des contraintes du concept sur le jardin et devrait pouvoir prendre son indépendance. Cela est rendu possible par le fait que le SWANI TIQA possède aujourd'hui 51 adhérents avec une liste d'attente de 80 familles. Nous sommes fin février, l’échéance de juin 2009 est lancée pour atteindre ce nouvel objectif : passage à l’autonomie des 3 jardins.

La répartition des paniers a été proposée de la façon suivante :
− 1ère année : 80 paniers avec 20 pour Mustapha, 20 pour Redouane et 40 pour Najib
− 2ème année : 120 paniers avec 30 pour Mustapha, 30 pour Redouane et 60 pour Najib
− 3ème année : 160 paniers avec 40 pour Mustapha, 40 pour Redouane et 80 pour Najib

Chaque Swani Tiqa ainsi constituée sera organisée de façon à faire 2 distributions par semaine pour éviter les sur-maturités et les trop gros calibres (courgette, concombre particulièrement). Compte tenu de la proximité des jardins entre eux, il sera possible de mutualiser du matériel mais aussi la production de plants qui pourrait être assurée par Najib et Touriya pour l’ensemble des producteurs. Cela permettrait une bonne maîtrise du planning de production et participerait à rassurer Mustapha et Redouane dans un domaine qui est incontestablement des plus délicats.

Afin de mieux maîtriser cet aspect, nous avons passé une demi-journée pour adapter espèce par espèce les dates de semis et plantations, le nombre de plants par espèce et par famille de swaniens, et le choix des variétés devant donner des résultats satisfaisants dans cette région.

Après tous ces échanges et visites, en conclusion les producteurs ont déclaré :
  • Redouane : « c'est possible mais je dois résoudre le travail du sol, l'épandage du fumier et le manque d'expériences sur certaines cultures ».
  • Mustapha : « c'est une bonne période pour se lancer mais je dois assurer la continuité de la production, mieux gérer l'espace et mes plans de culture, le volume de production par planche, séparer le jardin en jardin d'été et jardin d'hiver, mieux maîtriser les périodes de pluie par rapport au travail du personnel et du respect du planning de production qui doit être bien adapté à notre région ».
  • Najib: « les planches règlent le problème de l'eau de pluie. On peut aussi essayer les cultures sous petites chenilles plastiques. Redouane et Mustapha sont capables de faire 20 paniers chacun, ils doivent travailler et avoir des ouvriers motivés. Quant à Touriya et moi nous voulons bien essayer de produire les plants pour les 3 jardins ».
 
6   Bases fondamentales du partenariat producteurs-consommateurs
 
Denise rappelle les analyses faites sur les forces et les faiblesses du concept AMAP en général.

Concernant le projet des jardins de Shoul et malgré des conditions de réalisation difficiles, on constate une évolution positive des producteurs des jardins de Shoul qui progressivement portera ses fruits.
  • Appropriation du projet en commun avec leurs consommateurs, besoin d'être responsable.
  • Demande constante de formation spécifique en Swani Tiqa, pour apporter des améliorations aussi bien techniques que dans la relation avec les consommateurs.
  • Pour mieux gérer leur jardin et le côté économique, ils veulent fonctionner 100% en Swani Tiqa, avoir chacun leur Swani Tiqa.
Sont conscients que des progrès sont encore à faire, mais veulent acquérir l'expérience pour une meilleure maîtrise des pratiques.

Côté consommateurs, suite à la visite de la distribution du Swani Tiqa.
Belle ambiance lors de la distribution ; les consommateurs trouvent leur panier déjà fait (ce qui est une option dans le concept AMAP, une autre option étant que les familles peuvent constituer elles-mêmes les paniers mais bien sûr avec les mêmes produits pour tous). Les paniers sont préparés à l’avance afin de répartir équitablement les apports des producteurs, inégaux quant à la quantité et quelques fois par rapport à la qualité.
Cette formule pourra évoluer quand chaque producteur aura son groupe de familles.

La charge du fonctionnement de la distribution repose sur Annie et Catherine, ce qui est très contraignant et pose à terme un problème quand il y aura 2 distributions par semaine.

Si les producteurs font un effort pour une amélioration des pratiques liées au bon fonctionnement du Swani Tiqa, les consommateurs aussi doivent aller vers plus de participation et présence pour le bon fonctionnement des distributions.
Ce point peut être amélioré en faisant appel à d'autres consommateurs pour les responsabiliser sur des prises en charge très précises dans des rôles qui font partie du partenariat comme la « permanence » et la « coordination » :
  • la permanence à tour de rôle ; elle fait partie du bon fonctionnement de la distribution, d'une meilleure responsabilisation de l'acteur consommateur, de l'accueil individuel de chacun et participe à la bonne compréhension du système en général.
  • La pratique de la permanence est généralement inscrite sur le contrat d'engagement.
  • Elle est supervisée par les responsables ou coordinateurs qui eux connaissent toutes les personnes qu'ils ont inscrites et tous les rouages du Swani Tiqa.
La permanence est aussi un bon moyen de découvrir des personnes plus militantes que d'autres qui seraient prêtes à participer et partager la coordination générale:
  • la coordination est comme un « comité de pilotage », formé actuellement par Annie, Catherine, Chérifa, Touriya et toutes celles et ceux qui ont porté le projet dès son départ, élargi à des nouveaux qui s'engagent au moins pour une saison à être responsables de la distribution dans tous les détails qui, une fois accomplis, permettent une distribution conviviale : pointage de la feuille d'émargement, supervision, aide à la mise en place de la distribution.
  • Avec le producteur responsable (Najib) et les jardiniers, la présence du coordinateur est constante. Les porteurs du projet le savent bien, mais pour tenir dans la durée, d'autres coordinateurs doivent s'engager au moins sur une saison.
Souvent, on invite des nouveaux à la prise des inscriptions, c'est une bonne introduction pour le rôle de coordinateur. Alors que la condition sociale du petit producteur marocain est très préoccupante, certains comportements de consommateurs « trop gâtés » sont un frein pour évoluer vers un partenariat producteurs/consommateurs, avec, côté consommateur, une implication bénévole, spécifique et indispensable à la réussite du concept.

C'est un partenariat difficile à mettre en place. Il faut continuer à encourager les pionniers du projet qui se sont investis, qui y croient, et qui savent que si leur fonctionnement est durable, ils seront une référence et accompagneront d'autres projets de revalorisation de la petite agriculture locale pour des productions agro-écologiques et pour lutter contre l'aridification des zones péri urbaines.

Une grande diversité de semences bio de qualité ont été offertes par Urgenci dans le cadre du programme Biodiversité du Réseau international, et grâce à une financement de la Fondation Nature Vivante, avec en contre partie la demande de devoir après utilisation ; envoi d’une fiche par variété, avec appréciation de ses qualités ou défauts et intérêt pour la région. Ces variétés étant des variétés fixées, il est possible de les reproduire en conservant les semences lors des futures récoltes, Urgenci n'ayant pas la possibilité de renouveler tous les ans ce don. Pour le printemps 2009, il y a eu des demandes de stage faites à Urgenci par des écoles d'ingénieurs. La possibilité de mettre à disposition un ou deux élèves ingénieurs à partir du mois de mai pour accompagner le passage délicat de une à trois Swani Tiqa dès le mois de juin, sera étudiée.

Remerciements à Najib et Touriya, Chérifa, Catherine, Stéfany, Annie pour leur accueil très chaleureux, leur dynamisme et leur détermination à mettre en place le concept AMAP. Merci aussi de nous avoir régalés avec la cuisine marocaine. La cuisine et les bons produits, sont des valeurs du Swani Tiqa qui aident à supporter les contraintes et les obstacles du concept.

A l’heure où nous écrivons ce compte-rendu, c'est-à-dire bien tardivement après cette deuxième mission, les trois agriculteurs ont fait le pas… qui leur a permis de passer en juin 2009 à l’autonomie, chacun avec son groupe de consommateurs, le pari des 3 Swani Tiqa autonomes a été gagné !
Maintenant, toute l’équipe et les producteurs travaillent à la consolidation de ces partenariats (appui par des formations, achat commun de matériels…) et bientôt pourront essaimer, mais ce travail d’essaimage sera un nouveau défi…